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Un programme européen de recherche

L’oppidum de Bibracte est soumis à un vaste programme de recherche pluridisciplinaire qui s’appuie sur les compétences d’une trentaine de chercheurs associés et l’implication des étudiants d’une huitaine d’universités. Ce programme – sans aucun doute le plus important consacré à un site archéologique protohistorique européen – permet d’étudier le développement et le fonctionnement de cette ville représentative des derniers temps de la civilisation celtique.
C'est à Glux-en-Glenne, dans la Nièvre, que se situe le bâtiment du centre de recherche, qui abrite également le siège social de BIBRACTE.
La recherche est tout d’abord axée sur la connaissance de l’histoire de la ville antique de Bibracte, de sa naissance et de son développement jusqu’à son abandon. Parallèlement, des équipes sont chargées d’étudier l’environnement naturel et humain du mont Beuvray au cours des siècles.
Un second objectif est de comprendre l’organisation du site, les espaces collectifs, les quartiers et leur évolution, les fortifications. Le troisième objectif est l’examen de la vie quotidienne des Gaulois de Bibracte, à travers les vestiges liés à l’artisanat, à l’alimentation et au commerce.
Les résultats sont consignés dans des rapports annuels d’activité, puis dans des publications éditées par BIBRACTE ou dans les revues spécialisées.
Ces programmes se déroulent en liaison avec les travaux sur d’autres sites, afin de mieux replacer Bibracte dans son époque et son environnement.
Pour en savoir plus sur les résultats des dernières années, consulter :
Guichard 2007 : Guichard, Vincent - Chronique des recherches sur le Mont Beuvray, 2003-2005. Revue Archéologique de l'Est ; 56, p. 127-152. Dijon : Société Archéologique de l'Est, 2007.

Le programme de recherche 2009-2011

Le programme triennal 2009-2011, élaboré par la direction scientifique de BIBRACTE en concertation avec les chercheurs associés et le conseil scientifique, a été validé au par le conseil national de la Recherche archéologique.

Etat des recherches sur le Mont-Beuvray

Les questions concernant les oppida connaissent un regain d’intérêt depuis une vingtaine d’années et trouvent un champ d’investigation unique à Bibracte. Les problématiques concernant leur origine, l’explosion économique du IIème s. av. n. è., l’habitat, l’artisanat et la romanisation, sont toutes abordées directement sur le terrain ou par l’intermédiaire d’études thématiques spécifiques. Dans cette perspective de recherches qui met en jeu différentes approches, une problématique centrale se dégage : celle de l’urbanisme de Bibracte. Il s’agit d’une question fondamentale qui guidera les recherches futures.
Le Mont-Beuvray constitue ainsi le laboratoire qui, sans aucun doute, répond le mieux aux attentes de la communauté des chercheurs.

Les acquis du triennal 2006-2008 sont importants et s’inscrivent dans la continuité des recherches menées depuis 20 ans. Si on se réfère aux propositions faites pour orienter le programme de recherche de ces trois dernières années, on constate que les objectifs fixés ont été atteins et même souvent dépassés

Les opérations de fouilles sur le Mont-Beuvray

Les fouilles réalisées entre 2006 et 2008 poursuivent les objectifs du programme triennal précédent, qui étaient de répondre aux différentes problématiques concernant l’étude de la ville gauloise : les fortifications, l’histoire de l’occupation du site, l’architecture domestique, l’activité artisanale, la trame urbaine et les espaces publics. Les opérations archéologiques se répartissent actuellement sur 6 secteurs.

- Le secteur des Barlots situé entre les deux remparts au nord de l’oppidum : fouilles de l’Université de Vienne (Autriche) et de l’Université de Paris 1.

- La zone artisanale et d’habitat de la Côme Chaudron : fouilles de l’UMR 5594 ARTeHIS, CNRS-UB-MCC, université de Bourgogne, université de Rzeszow (Pologne) et université de Brno (République Thèque).

- Le secteur de la minière de la Pâture des Grangerands, en contrebas de la Côme Chaudron: fouilles de l’UMR 5608, CNRS-Université de Toulouse.

- Le quartier de la Pâture du Couvent ou deux chantiers sont ouverts à l’emplacement d’une domus augustéenne et du forum tardo-républicain : fouilles de l’Université de Budapest et de l’Université de Leipzig.

- Le Theurot de la Roche point culminant à l’ouest du Parc aux Chevaux : fouilles de l’Université de Lausanne-IASA..

- Le quartier du Parc aux Chevaux (PC) ou se déroulent deux opérations : la fouilles de la plateforme PC 14, réalisée par les universités de Bologne et de Bruxelles et celle de la domus PC 1 par le chantier école de Bibracte.


Bien que guidées par une problématique principale, les huit opérations archéologiques contribuent à d’autres thématiques, comme elles font appel à des équipes menant des recherches transversales (céramologie, dendrochronologie, archéomagnétisme, mobilier lithique, mobilier métallique, numismatique…). Ces recherches transversales, qui seront présentées plus loin, font partie intégrante du programme scientifique, mais répondent à une programmation différente inscrite dans la durée.

En ce qui concerne les chantiers de fouilles, la présentation suivra une progression géographique, de la Porte du Rebout, au nord du site, jusqu’au secteur dit du Parc au Chevaux, au sud de l’oppidum.

Recherches transversales

Les recherches transversales occupent une position majeure dans le programme scientifique, puisqu’elles s’intègrent étroitement aux actions de terrain, analysent et synthétisent les nombreuses données issues des chantiers, et s’insèrent dans des problématiques scientifiques qui dépassent souvent le cadre de Bibracte. Les nombreux domaines d’investigation permettent de croiser des données extrêmement diversifiées et d’affiner des résultats avec un maximum de fiabilité. La chronologie du site dans son ensemble est tributaire de la finesse de ces recherches transversales croisées (voir le tableau chronologique dans l’introduction). Dans certain cas Bibracte est aussi le support d’études qui ont vocation à servir de référence, c’est le cas du programme de datation par l’archéomagnétisme, mais aussi des études dendrochronologiques.

L’environnement du Mont-Beuvray

Université de Mayence), Römisch-Germanisches Zentralmuseum, Mainz, Université de Durham, UMR 5608 Traces, CNRS-Université de Toulouse, UMR 5494 ARTeHIS, CNRS-UB-MCC Université de Bourgogne et Laboratoire Chrono-environnement, UMR 6249, CNRS-Université de Franche-Comté.

Le programme triennal qui s’achève avec l’année 2008 a été l’occasion d’un renouvellement profond de l’activité archéologique autour du Beuvray. Il a permis la clôture des études paléo-environnementales menées par l’équipe de l’université de Bourgogne, débouchant sur une publication de ses résultats globaux. Il fut également l’occasion d’une montée en puissance des études d’archéologie spatiale, complément nécessaire à ce programme d’évaluation des l’environnement du site de Bibracte aux périodes protohistoriques et antiques.

La mise en synergie de cinq équipes pluridisciplinaires associant chercheurs anglais allemands et français de a conduit à un renouvellement de la recherche et de ses méthodes. Elle a surtout permis le développement de pratiques et l’échange de compétences dont l’exploitation devra se faire au cours de la période 2009-2011.

La mise en œuvre d’approches à plusieurs échelles permet de définir deux axes de recherches complémentaires. Tous deux concernent le même espace géographique, délimité au cours du présent programme. Ces problématiques concernent 10 communes formant une aire d’étude adaptée à nos problématiques : Arleuf, Fâchin, Villapourçon, Larochemillay, Poil, Glux-en-Glenne, Roussillon-en-Morvan, Saint-Prix, La Grande-Verrière et Saint-Léger-sous-Beuvray. Il va de soi que certains axes de recherche, en particulier les études thématiques, devront étendre leur champ d’action à un horizon géographique plus large qui sera défini au fur et à mesure des travaux.

Enfin, ce triennal sera l’occasion de croiser les données paléoenvironnementales déjà obtenues, avec le corpus archéologique issu des travaux des équipes internationales. Ce travail nécessitera la mise en œuvre de nouvelles approches paléoenvironnementales ciblées, permettant d’approfondir la question.
 
 
Bibracte EPCC - Centre archéologique - F-58370 Glux-en-Glenne