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Regards sur Bibracte

Mercredi 23 octobre 2019

les épicéas du mont Beuvray voués à disparaître

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photo France 3 Bourgogne

 

La sécheresse prolongée de l’été 2019 a accéléré les attaques d’un parasite, le scolyte, sur les peuplements forestiers d’épicéa du Site classé du mont Beuvray. Environ 40 ha de parcelles d’épicéas font l’objet de coupes sanitaires rases cet automne, avec un impact fort sur le paysage du site. Symptôme du changement climatique, cette disparition brutale d’une essence qui avait été importée massivement voici un demi-siècle dans le Morvan pose de nouveaux défis à la gestion forestière du mont Beuvray, dont l’ambition est de renforcer sa biodiversité et d’en faire une vitrine des paysages du Morvan.

Les accidents météorologiques répétés, et notamment les fortes sécheresses estivales ont des conséquences sur un grand nombre d’essences présentes sur le site. Les peuplements de résineux sont très affectés. Cela se traduit par des attaques répétées d’un parasite, l’ips typographe, plus communément appelé scolyte, qui conduit au desséchement des arbres en quelques semaines. Cet automne, les attaques de scolytes se sont accélérées. On constate des attaques sur les 77 ha de peuplements d’épicéas encore présents sur le massif, et près de 40 ha sont totalement infectés, pour un total d’environ 12.000 m3 de bois qui sera fortement dévalorisé s’il n’est pas exploité très rapidement.

Le cas de la forêt du Beuvray n’est pas un phénomène isolé. Il affecte l’ensemble du Morvan, le massif du Jura et plus largement le Grand-Est. Cette crise sanitaire a d’ores et déjà conduit le Préfet de Région à prendre le 26 juillet dernier un arrêté prescrivant l’abattage et l’évacuation sans délais des arbres affectés par les atteintes de scolyte, cet arrêté ne dispensant pas Bibracte du respect des demandes d’autorisation de travaux en Site classé. L’ONF a organisé le démarrage des coupes rases sanitaires afin d’éviter la propagation des insectes ravageurs, de limiter la dégradation des bois, dont une forte proportion pourra être ainsi valorisée en région Bourgogne Franche Comté et contribuer au stockage de carbone pour des usages durables.

Les coupes rases qui s’avèrent nécessaires auront pour certaines un impact important sur le paysage. Par conséquent, la qualité de la régénération qui se fera à l’issue des coupes est d’une importance cruciale. Aussi, la réflexion est déjà engagée avec l’ensemble des partenaires concernés sur le devenir des parcelles laissées libres par ces coupes à caractère sanitaire. Tout en privilégiant la régénération spontanée, qui est la base du plan de gestion forestière du massif, il nous faut désormais tenir compte de la question délicate du bouleversement climatique. Il y a consensus sur le fait que la diversification des essences sur une même parcelle est un moyen efficace de lutter contre le dépérissement de parcelles complètes.

Vis-à-vis du massif du Morvan, le mont Beuvray est en première ligne face aux changements climatiques de par sa situation géographique. A ce titre, il est un excellent baromètre pour anticiper les évolutions à venir à l’échelle du Morvan. Il s’agira, au cours des prochaines années, de concilier une exploitation forestière raisonnée et pérenne, les enjeux environnementaux et les attentes nombreuses et diverses des usagers de cette forêt pour que le mont Beuvray reste une vitrine des paysages du Morvan.