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Campagne 2007
La reconnaissance de la ville gauloise

La réalisation d'une couverture du mont Beuvray et de son environnement (20 km2) par la technique de prospection par balayage laser aéroporté LIDAR, a apporté des résultats très probants, qui se soldent par un modèle numérique de terrain de haute résolution sur une surface dix fois supérieure à celle couverte au cours de la décennie écoulée par les relevés traditionnels au sol avec tachéomètre. La qualité de la restitution est globalement excellente, malgré le couvert forestier du mont Beuvray, de même que la précision cartographique (+/- 10 cm dans le plan horizontal et +/- 15 cm en altitude). Les priorités sont désormais l'évaluation fine des performances de LIDAR par comparaison avec les résultats obtenus préalablement sur les mêmes zones par d'autres techniques de relevé, l'achèvement du Grand Atlas du Mont Beuvray (de Franz Schubert ; Allemagne) avec ces données LIDAR et enfin la mise à disposition de ces nouvelles données à la communauté des chercheurs associés.

Les fortifications

La fouille s'est poursuivie dans le secteur de la fortification intermédiaire repérée ces dernières années en avant de la Porte du Rebout. Les nouveautés concernent le tracé de la voie d'accès à la Porte du Rebout, un bâtiment tardif (fin du Ier siècle avant J.-C.), un enclos fossoyé (à destination funéraire) et une palissade jouxtant cette voie. La fouille n'a en revanche apporté aucun élément supplémentaire relatif à la fortification elle-même. Une dernière campagne est prévue en 2008 pour solder cette opération, avec le renfort d'une équipe de l'université Paris 1 (avec la perspective de lancer une opération conjointe université de Vienne / université Paris 1 sur la fortification sommitale du Porrey en 2009).
Coordination : Otto Urban, Université de Vienne et Patrice Brun, Université de Paris 1

Le quartier de la Côme Chaudron

La campagne s'est concentrée sur l'extension de la fouille en direction de la limite de la Grande Voie issue de la Porte du Rebout, à la suite du déplacement de la route départementale qui interdisait jusqu'à présent d'investir ce secteur. Les résultats sont limités mais prometteurs : les couches archéologiques présentent une grande puissance stratigraphique, qui n'a été que localement affectée par les sondages de Jacques-Gabriel Bulliot. La campagne 2008 aura pour priorité la poursuite du dégagement de la façade sur rue du complexe de bâtiments caractérisé ces dernières années.
Coordination : Jean-Paul Guillaumet (CNRS – UMR 5594) ; Laurent Dhennequin (université de Paris 1) Petra Golanova (université de Brno, Rép. Tchèque) Tomasz Bochnak (université de Rzeszow, Pologne)

Le quartier sud-est de la Pâture du Couvent

Les résultats acquis dans ce secteur du site sont une nouvelle fois très conséquents. Le "complexe basilical", que l'on n'hésite plus à désigner sous le nom de forum, s'est enrichi d'un nouvel élément architectural, sous la forme d'une probable cour à portique de 17 x 17 m qui se développe entre la basilique et la Grande Voie. Le mobilier confirme la datation précoce envisagée ces dernières années; il apporte également des précisions sur sa décoration architecturale, sous la forme d'antéfixes ornées de masques humains.
L'exploitation du chantier ouvert dans l'angle nord-ouest du quartier n'a pu être menée à bien cette année comme on l'escomptait, en raison d'une situation stratigraphique extrêmement riche et complexe. Ces nouvelles données stratigraphiques permettent de préciser – et parfois d'infléchir — les hypothèses formulées les années précédentes. Malgré tous les efforts déployés, le raccordement stratigraphique entre ce secteur et la zone centrale du quartier reste peu claire pour ce qui concerne la période de fonctionnement du complexe basilical. Cela restera l'objectif prioritaire de l'année 2008 de tenter de raccorder enfin les données des deux secteurs de fouille.
Coordination : Miklós Szabó, université Lórand Eötvös, Budapest et Sabine Rieckhoff,université de Leipzig

Le quartier du Parc aux Chevaux – PC 14

Arrêté depuis deux ans, on projette de réactiver le chantier en 2008 avec des moyens humains réduits, avec l'objectif d'élargir la zone ouverte sur la plateforme artificielle PC14 et d'engager en 2009 l'étude des couches d'occupation antérieures à la plateforme sur une vaste surface. Signalons néanmoins que l'intéressant lot de bois gorgés d'eau livré par un puits en 2005 a fait l'objet d'une étude dendrologique et dendrochronologique à l'automne 2007.
Coordination : Daniele Vitali, université de Bologne

Le quartier du Theureau de la Wivre

La campagne 2007 a permis de conclure l'étude de ce secteur, avec des ambitions réduites à l'achèvement du grand sondage ouvert les années précédentes, selon les prescriptions du conseil scientifique de Bibracte. La fouille a surtout permis de préciser les différentes étapes d'occupation antérieures à l'installation de la vaste plateforme qui se développe sur le flanc nord-est de l'éminence du Theureau de la Wivre.
Une intervention réduite est aussi projetée sur le sommet du Theureau de la Roche, où les fouilles du XIXe siècle avaient livré différents indices d'activité religieuse – inscription lapidaire et possibles édicules de culte –, dans la perspective de l'ouverture d'un chantier plus important durant le programme triennal à venir.
Coordination : Thierry Luginbühl, université de Lausanne

Le quartier du Parc aux Chevaux – PC1

Le cahier des charges de ce chantier accueillant des adolescents pendant l'été consistait en l'étude de l'espace situé à l'angle nord-est de la domus. Les résultats sont importants. On constate l'existence de plusieurs phases successives de réaménagement de la domus. La dernière, d'orientation discordante, semble à mettre en relation avec l'édification de bâtiments alignés le long d'une voie joignant la Pâture du Couvent à la Chaume, en relation possible avec le sanctuaire de la Chaume, en fonctionnement durant toute la période impériale. La campagne a aussi permis de poursuivre l'exploration du grand "jardin" oriental de la domus. On a pu préciser le mode de construction et l'agencement du mur de soutènement qui le délimite à l'est. Ce mur particulièrement soigné est pourvu de pilastres régulièrement espacés, dont la maçonnerie est décorée de chaînages de tegulae en réemploi. La campagne 2008 permettra la poursuite du dégagement du jardin et de l'aile orientale de la domus.
Coordination : Pascal Paris, Bibracte

Les occupations antiques de l'environnement de Bibracte ; les sites antiques majeurs à la périphérie de Bibracte

Cette action a pour ambition de préciser la carte archéologique dans la proche périphérie du mont Beuvray (territoire de dix communes). Elle est couplée, pour une durée limitée aux années 2007 et 2008, avec une action conjointe menée autour du sanctuaire antique de Tintignac (commune de Naves, Corrèze), dans le cadre d'un programme soutenu par la Commission européenne La nécessité de lancer des prospections autour de Tintignac, dont l'environnement archéologique reste largement méconnu, a eu pour contrepartie une réduction très forte des prospections pédestres autour du mont Beuvray en 2007. Celles-ci reprendront au printemps 2008.
Coordination : Jean-Paul Guillaumet, CNRS – UMR 5594 et Pierre Nouvel, université de Franche-Comté – UMR 9946

Les sites antiques majeurs à la périphérie de Bibracte et l'habitat rural à la transition âge du Fer / époque romaine

Au Quart-du-Bois sur la commune de Poil, on a pu poursuivre les prospections géophysiques et effectuer les premiers tests palynologiques – positifs – sur des carottes prélevées en 2006. L'occupation romaine semble de plus en plus clairement correspondre à une grande villa. Il reste en revanche plus difficile de caractériser l'occupation laténienne (superficie ? durée ?) sans sondages. Deux axes de recherche seront privilégiés en 2008. Le premier sera l’exploitation des données archéologiques laissées par Roland Niaux (prospections et sondages) et le second se concentrera sur l’état de l’occupation médiévale de la butte de Montantaume située à côté des vestiges antiques.
Aux Sources de l'Yonne, les résultats sont nettement plus conséquents. La poursuite des prospections à vue oblige à réévaluer une nouvelle fois à la hausse l'étendue de l'occupation antique, désormais estimée à plus de 80 ha. Les indices de datation convergent toujours vers une chronologie de l'occupation concentrée sur le Ier siècle avant J.-C., en dehors de l'espace limité du sanctuaire. Cinq sondages effectués dans les prairies proches des Sources ont permis de commencer à estimer la qualité de conservation des vestiges enfouis.
Coordination : John Creighton, université de Reading ; Tom Moore, université de Durham ; Peter Haupt, université de Mayence ; Martin Schönfelder, RGZM

L’évolution du couvert végétal et paléo-pollutions durant l'Holocène

Les différents carottages effectués sur les site des sources de l’Yonne et les analyses qui en découlent, permettent désormais d’avoir une vision de l’évolution du couvert végétal depuis la fin de l’Age du Bronze jusqu à nos jours. Les phases d’anthropisation semblent bien identifiées par la baisse du couvert forestier. L’impact des activités anthropiques sur l’environnement (agriculture, artisanat, habitat …) se traduit par des baisses du couvert forestier, le hêtre en particulier, au profit d’espèces végétales non arborées. La datation en cours, permettra d’affiner les quatre phases chrono-culturelles qui se dégagent du diagramme.
Coordination : Jean-Pierre Garcia, université de Bourgogne – UMR 5594 ; Isabelle Jouffroy-Bapicot, CNRS – UMR 9946 ; Fabrice Monna, université de Bourgogne ; Christophe Petit, université de Bourgogne – UMR 5594

Les exploitations minières anciennes sur le Mont Beuvray

La campagne 2007 a permis de poursuivre l'exploration d'une ancienne excavation artificielle à la Côme Chaudron (lieu-dit "La Pâture des Grangerands"). Le fond de la tranchée a été atteint cette année sur quelques mètres, à 6,2 m de la surface. Différents indices (forme de l'excavation, nature des roches encaissantes, minéralogie et analyses géochimiques) confortent l'hypothèse initiale d'une exploitation minière, sans permettre de conclure sur le minerai recherché (zinc, plomb, or, argent ?). Le comblement, riche en mobilier détritique jusqu'à sa base, montre que celle-ci est contemporaine de l'oppidum ou de peu antérieure. La campagne 2008 sera probablement la dernière consacrée à cette structure. Elle a pour objectif de mieux caractériser les minerais exploités et leur mode d'extraction.
Coordination : Béatrice Cauuet, CNRS – UMR 5608
 
 
Bibracte EPCC - Centre archéologique - F-58370 Glux-en-Glenne