conférence

Vers une géographie littéraire

Lien vers votre sélection
Copiez-collez ce lien et envoyez-le par mail

L’autobiogéographie de Gisèle Bienne se déploie à partir de la maison et de son corps de ferme. La richesse des « attachements » qu’elle y a vécus a fait d’elle une rebelle à l’ordre familial et a rendu les arrachements douloureux. Depuis le grenier où elle découvre les habits des morts de la Grande Guerre, elle retrace leur histoire et va rencontrer celle de Blaise Cendrars. En travaillant dans la plaine, elle a acquis « un esprit nomade », qui l’a menée vers les alpages de Rémuzor, le Sud de Katherine Mansfield, la Sibérie de Chalamov. Dans La malchimie, elle interroge les désastres causés par l’agriculture industrielle.

Romancière et essayiste, Gisèle Bienne vit à Reims. Depuis son premier roman, Marie-Salope (Des femmes 1976), ses personnages présentent des variations renouvelées sur la marginalité et l’altérité. On y rencontre des survivants de la Grande Guerre dans Paysage de l’insomnie et La Ferme de Navarin, consacré à la blessure de Blaise Cendrars. Elle a éclairé la vie du poète Chalamov, déporté sous Staline au Goulag de la Kolyma (Les larmes de Chalamov). La Malchimie traite des effets destructeurs des pesticides sur le corps des paysans. Elle a aussi écrit quinze romans pour adolescents

Colette CAMELIN est professeur émérite de littérature du XXe siècle à l’Université de Poitiers, Elle a enseigné les « humanités » à Sciences Po. Après avoir publié plusieurs ouvrages sur des œuvres de Saint-John Perse et de Segalen, elle consacre ses recherches à l’écopoétique. Elle a organisé le colloque « Que peut la littérature pour les vivants ? » (Cerisy, 2023), publié avec les actes du colloque scientifique « Le renouveau du sauvage » sous le titre Faire avec le sauvage, renouer avec les vivants. Entre sciences et littérature (Colette Camelin, Raphaël Larrère, Alain Romestaing dir.).
 

« Vers une géographie littéraire » participe à une réflexion engagée dans le cadre d'un séminaire sur l’autobiographie.

L’autobiographe se remémore les lieux de sa vie, privée ou publique, mais c’est aussi le lieu lui-même qui peut susciter le souvenir, personnel ou collectif, historique ou littéraire. De la mémoire des lieux aux lieux de mémoire, le parcours impose de nombreux allers-retours : autant d’exemples de cette interaction entre le réel et l’imaginaire, le dedans et le dehors, qui régit toute géographie littéraire.