L’année 2026 a marqué le début du programme quadriennal, qui se déroulera jusqu’en 2029.
Cette année, nous avons accueilli quatre interventions de terrain intra-muros, qui se sont déroulées entre juillet et fin août.
La Terrasse
Universités de Brno et de Prague (République tchèque). Responsables : Petra Goláňová et Jan Kysela
La campagne de 2026 a vu l’achèvement de l’exploration de la tranchée sur le talus méridional de la Terrasse, au sommet du Beuvray. Celle-ci a permis d’atteindre le substrat géologique sur l’ensemble de la tranchée et a confirmé les observations stratigraphiques menées l’an dernier, à savoir l’existence d’une première structure palissadée datée par carbone 14 au VIIe siècle avant notre ère. Celle-ci reste néanmoins isolée, car aucune structure contemporaine n’a pu être observée aux alentours.
Les restes de la palissade sont directement recouverts par le talus en terre qui marque l’enceinte encore visible aujourd’hui et qui contient lui-même du mobilier daté des derniers temps de l’oppidum, voire des premières décennies de notre ère. Une fois les travaux de terrain terminés, l’équipe tchèque s’engagera, à partir de 2027, dans la publication monographique de la fouille.

Les Grandes Portes
Universités de Paris Panthéon-Sorbonne et de Bordeaux Montaigne. Responsables : Sophie Krausz, Clara Filet, Clément Feliu.
Université de Cluj-Napoca (Roumanie) : Responsables : Gelu Florea, Stefan Vasilache.
En ce qui concerne l’exploration des fortifications de l’oppidum dans le secteur des Grandes Portes, la campagne de 2026 a permis de poursuivre l’étude du bastion sud de l’entrée aménagée dans le rempart extérieur. La fouille a ciblé trois zones de ce bastion :
. les fossés qui précèdent la porte à l’aval du bastion,
. un tronçon de la courtine avant, afin d’en préciser la géométrie,
. la petite zone funéraire installée au cœur même du bastion, fouillée depuis 2023.
Dans cette zone funéraire, la campagne a permis de compléter la fouille de l’épaisse couche de rejet, probablement de bûcher, poursuivant l’échantillonnage et l’étude systématique du sédiment pour analyse carpologique, anthropologique et anthracologique. C’est dans cette couche que six dépôts d’incinération avaient été découverts lors des campagnes précédentes. Cette année, le substrat géologique a pu être atteint, et aucune nouvelle incinération n’a été identifiée, à l’exception d’un possible dernier dépôt, très mal conservé, matérialisé par une concentration de fragments de vaisselle.
Au niveau de la courtine, la fouille a révélé l’existence de deux états du murus gallicus. Cette observation correspond à ce qui avait déjà été noté en 2023 au niveau de l’angle du bastion, à savoir l’existence de deux, voire trois phases de réfection de la fortification. Dans le cas de la courtine, cette réfection se matérialise par un nouveau parement, en quelque sorte plaqué contre le premier rempart. L’architecture de ce dernier a pu être étudiée dans ses détails, notamment son poutrage et le blocage situé à l’arrière du parement.
Enfin, dans la partie à l’aval du bastion — où un premier sondage en 2025 avait révélé au moins trois phases d’un fossé précédant la porte —, la fouille s’est arrêtée sur la mise au jour partielle du fossé le plus récent. Celui-ci dessine un arc rentrant vers le couloir de la porte, ce qui rappelle d’ailleurs ce qui avait été observé dans la phase la plus récente de la porte du Rebout, du côté opposé de l’enceinte de l’oppidum. Ce fossé est creusé dans une série de surfaces empierrées, dans lesquelles on peut identifier aisément des surfaces de préparation pour des chaussées successives traversant le couloir de la porte.
Perspectives pour la campagne 2027
Si l’exploration des deux premiers sondages — ceux de la zone funéraire et de la courtine — peut être considérée comme conclue, celle de la séquence des fossés à l’avant du bastion sera poursuivie en 2027. Cette opération pourra être accompagnée d’une nouvelle ouverture au niveau du couloir de la porte, jusqu’à atteindre le bastion opposé. L’objectif est de poursuivre l’exploration des niveaux de la voirie dans le couloir, définir la géométrie du couloir entouré des deux bastions et poursuivre l’analyse des traces d’ancrage du système de porterie (tranchées de fondations, trous de poteaux de la porte).

La domus PC2 du Parc-aux-Chevaux
Chantier-école de Bibracte. Responsables : Alice Pons, Oriane Rousselet, Andrea Fochesato.
Au Parc-aux-Chevaux, le chantier-école de Bibracte sur la domus PC2 s’est poursuivi en 2026, conformément aux objectifs spécifiques d’un chantier de découverte du métier pour des adolescents.
Dans le corps principal de la domus, la fouille s’est concentrée sur la mise au jour des niveaux d’occupation et de construction des locaux situés dans les ailes nord et sud de la demeure, ainsi que sur les différentes branches de la galerie du péristyle. Pour rappel, la construction de la domus PC2 est datée après 20 avant notre ère, ce qui en fait le dernier horizon d’occupation stable de ce quartier.
La fouille des remblais de construction a ensuite permis, en plusieurs endroits, de mettre au jour des lambeaux de sols antérieurs à la construction de la domus. Ces sols appartenaient à un ou plusieurs bâtiments que l’on peut dater entre 40 et 20 avant notre ère. Cependant, les limites des parois associées à ces lambeaux sont absentes, car généralement recoupées par l'installation des maçonneries de fondation de la domus. Ainsi, l’organisation spatiale de la parcelle à cette époque ne peut pas encore être restituée.
Les niveaux d’occupation plus anciens ont cependant pu être étudiés au niveau de la cour Z, grâce à l’achèvement de la fouille d’une structure excavée aux caractéristiques assez uniques. Il s’agit d’un vaste espace quadrangulaire, creusé directement dans le rocher, qui devait abriter une grande cave en ossature en bois, peu fondée, accessible par un large escalier. Celui-ci est doté, à sa base, d’un angle maçonné — une particularité extrêmement rare, voire unique à Bibracte pour des structures qui, comme cette cave, datent de La Tène D2a/D2b. Cette datation est assurée par le mobilier très abondant découvert au sein d’une vaste couche de comblement post-abandon, qui remplit totalement l’espace.
Par ailleurs, on notera l’abondance du mobilier issu de la fouille de PC2, qui comprend également quelques objets rares, comme une petite tête de taureau en bronze, découverte dans le comblement de la cave, ou encore une bague à intaille, trouvée dans les remblais de construction de la domus.
Perspectives pour la campagne 2027
Pour la campagne 2027, le projet est de se concentrer sur le corps principal de la domus en poursuivant l’exploration de ses locaux vers l’ouest, et de compléter l’étude de la zone du balnéaire au nord-est, en accord avec les objectifs pédagogiques du chantier-école.

Pâture du Couvent, l’Ilot des Grandes Forges
Université de Budapest (Hongrie). Responsables : Laszlo Borhy, Lorinc Timar, Daniel Szabo.
Dans le complexe public de la Pâture du Couvent, l’équipe de Budapest s’est concentrée en 2026 sur l’achèvement de l’exploration de l’angle nord-oriental du monument, et plus particulièrement sur le mur de terrasse qui retient, sur la pente, l’angle du premier complexe maçonné pré-augustéen ainsi que les vestiges contemporains en aval, dont ceux d’un aqueduc voûté déjà signalé au XIXe siècle. Une extension vers l’est de la fenêtre de fouille a été réalisée afin de mettre au jour la façade orientale de la parcelle et une éventuelle surface de circulation extérieure.
La façade, très bien conservée dans la partie amont de la pente, appartient au complexe daté du milieu du Ier siècle et détruit à l’époque augustéenne moyenne, qui se développe autour de l’édifice à plan basilical situé au centre de l’îlot, fouillé dans les années 2000. Sur le plan architectural, cette façade révèle une facture soignée, avec un emploi alterné de rhyolite locale et de blocs de granit taillé, ainsi que la présence de pilastres, dont plusieurs bases avaient été déjà observée l’an dernier contre le mur de terrasse septentrional.
En revanche, dans la partie aval du complexe, plusieurs creusements irréguliers, dont certains attribuables aux explorations de Bulliot, perturbent profondément les dépôts. Malgré cela, l’extrados de l’aqueduc a pu être sondé, et les résultats montrent que la structure hydraulique est contemporaine, voire légèrement antérieure, à la première construction maçonnée, ce qui signifie qu’elle s’intègre pleinement dans le projet global de la parcelle monumentale entourant l’édifice basilical.
Perspectives pour la campagne 2027
L’exploration du secteur nord-est de la parcelle peut être considérée comme conclue en 2026. Ce secteur est en cours de consolidation et de mise en protection des maçonneries avant d’être rebouché à l’automne. Pour 2027, la poursuite de l’exploration se fera par l’ouverture d’une nouvelle fenêtre dans le prolongement de la façade de l’îlot vers le sud, afin d’atteindre les locaux axiaux de la basilique.

Parc-aux-Chevaux – Secteur PC14
Perspectives pour la campagne 2027
Dans la programmation 2027 figure la fouille de l'habitat du Parc-aux-Chevaux, secteur PC14, qui n'a pas pu être réalisée en 2026. Les objectifs demeurent l'achèvement de l'exploration de la fenêtre de fouille déjà ouverte, avec de légers élargissements au sud et à l'ouest. Cela permettra d'atteindre la façade méridionale du bâtiment maçonné d'époque augustéenne mis au jour dans la parcelle et de compléter la fouille des niveaux d'occupation antérieurs, dont au moins trois phases ont déjà été identifiées. De nouvelles tranchées seront réalisées quelques dizaines de mètres au sud du bâtiment, avec pour objectif de démarrer l'exploration du bord méridional de l'esplanade.

Plan du secteur de La Terrasse

Plan des Grandes Portes, 2026.

Orthophotographie de fin de fouilles dans le bastion des Grandes Portes. En rouge, les zones fouillées en 2026.

Orthophotographie de fin de fouilles de la domus PC2.

Othophotographie de fin de fouilles de l'Ilot des Grandes Forges, 2026.

Orthophotographie de fin de fouilles, secteur de PC14, campagne 2025.