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Le vin à Bibracte

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A l’époque de Bibracte, les contacts avec les régions du sud s’intensifient. Les nombreuses amphores qui acheminent le vin de l’Italie romaine en sont le révélateur ainsi que de l’évolution des modes de vie.

Timbres d'amphores

Le vin, une denrée d’importance stratégique

Aux 2e et 1er siècles avant notre ère, la Gaule fut le principal débouché du vin romain. Elle céda à Rome de l’or et de l’argent en quantité immense pour satisfaire sa soif. Cette richesse fut en grande partie accaparée par le fisc, grâce à des taxes sur les exportations. En Gaule transalpine, cette taxe s’élevait jusqu’à six deniers d’argent par amphore, le double du prix payé à Rome. En y ajoutant le prix du transport maritime et terrestre, cela revenait à multiplier par quatre ou cinq le prix du vin pour le consommateur gaulois. Cette richesse permit à Rome d’entretenir une armée de plus en plus puissante, que César retourna un jour contre la Gaule. Il n’est donc pas exagéré de dire que les Gaulois payèrent le vin romain de leur liberté.

De l'Italie romaine à Bibracte, itinéraire d'une amphore

Le vin consommé à Bibracte

Le vin consommé à Bibracte était acheminé dans des amphores de 20 à 25 litres, dont la forme et l’argile sont indicatrices de leur provenance. On sait donc que ce vin provient pour l’essentiel d’Italie centrale. Ce n’est qu’à partir du milieu du 1er siècle avant notre ère que les productions des provinces occidentales de l’Empire, hispanique d’abord, gauloises ensuite, comptent dans ce commerce. Les amphores portent souvent des timbres imprimés dans la pâte fraîche. Avec près de mille exemplaires, l’oppidum en a livré une des plus importantes collections à l’échelle du monde romain. Ces timbres peuvent donner un nom de propriétaire viticole, sous la forme de ses tria nomina de citoyen romain, ou un nom d’artisan potier, esclave ou affranchi. D’autres représentent des symboles – trident, étoile, hache bipenne... – ou des lettres isolées ou groupées par deux qui semblent correspondre à un système de comptage.

Le banquet et le service à boire des Gaulois

Pour soigner leur popularité, les chefs gaulois pouvaient organiser de vastes banquets pour leurs sujets, à l’instar de Luern, chef du territoire arverne (l’actuelle Auvergne) qui fit pour cela installer « un enclos de douze stades carrés [2 200 m de côté], avec des cuves remplies de boissons d’un grand prix ». Les voyageurs grecs et romains décrivent par le menu l’organisation de ces festins, qui est confirmée par les observations archéologiques. Au centre de l’assemblée trône le maître de cérémonie. Seul habilité à accomplir les sacrifices et les libations aux dieux, il contrôle aussi l’usage des chaudrons, grils et landiers qui servent à la cuisson des viandes et au mélange des boissons. Autour de lui se disposent, en arc de cercle, ses convives, vassaux et clients, accompagnés de leurs servants d’armes. On mange accroupi, sur des peaux ou des litières de paille, devant des tables basses chargées de vases, de couteaux et de victuailles.

Au 1er siècle avant notre ère, les Gaulois empruntent les pièces de leur service à boire au monde méditerranéen : vaisselle de métal, de céramique ou de verre. Ces vases sont de plus en plus fréquemment copiés par les potiers locaux, dont le répertoire se "romanise" à un rythme accéléré. Puis au milieu du 1er siècle avant notre ère, les Gaulois adoptent la mode romaine du gobelet, qui remplace de plus en plus souvent les coupes de tradition grecque dans le service à boire.