La ville sous mes pieds

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Quand on pénètre dans ce qu'il reste de la ville antique de Bibracte, il est difficile de s’imaginer à quel point la ville devait fourmiller d’activités, de bruits et d'odeurs. Et pourtant, c'est bien dans un centre économique de premier plan que l'on entre, avec ses nombreux ateliers, ses commerces, ses lieux de rassemblement et ses habitations.

L'APPLICATION LA BOUSSOLE

L'application La boussole permet de mieux appréhender cette ville, dont seuls 5 % ont été fouillés à l'heure actuelle. Avec elle, on comprend ce qui se passait, là, juste sous nos pieds, ce qu'on ne voit pas forcément, et qui pourtant a marqué le cours de l'existence de milliers de personnes.

Vous pouvez la télécharger ici : http://www.boussole.bibracte.fr

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Visite guidée du site archéologique
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2h

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Le rempart

Après avoir gravi le flanc nord-est du mont Beuvray, on entre dans la ville antique par la Porte du Rebout. Ouverte dans le rempart qui ceinturait Bibracte, elle constituait la principale porte d’accès à l’oppidum.  Après sa fouille dans les années 1990, une partie en a été reconstruite, selon la technique du murus gallicus saluée par César : un talus de terre renforcé par une ossature de poutres horizontales entrecroisées, le tout consolidé par un parement en pierre, et doublé d'un fossé externe.

Pour construire ce rempart de 5 km, ce ne sont pas moins de 100 hectares bois, 10 000 m3 de pierre et 50 000 clous qui ont été utilisés. Des prospections ont reconnu dans d’imposants talus à flanc de montagne une seconde ligne de fortification, plus vaste et plus ancienne.

La Côme-Chaudron

Le long de la rue principale qui part de la Porte du Rebout se trouvaient des dizaines d’ateliers d’artisans du métal. Ces ateliers ont été fouillés puis remblayés pour assurer leur conservation mais vous pourrez retrouver au musée la reconstitution grandeur nature de la fouille d’un des ateliers de bronziers ; spécialisé dans la production de fibules, ces grandes agrafes à vêtement.

 

Le chemin est aujourd’hui bordé d’arbres aux formes tourmentées. Au XIXe siècle, les paysans qui faisaient pâturer leurs troupeaux sur le mont Beuvray  couchaient et entremêlaient de jeunes tiges de hêtres afin de former des haies vives. Ce sont ces hêtres, qui ont poussé en conservant des formes bizarres, que l’on appelle les « queules » et qui participent à la renommée de Bibracte.

Le bassin

Au centre de la voie principale, un bassin en forme de coque de navire et fait de blocs de granite soigneusement agencés témoigne des connaissances géométriques et du savoir-faire des bâtisseurs de Bibracte aux premiers temps de la romanisation.

Le centre monumental

Édifié peu après le milieu du Ier siècle avant notre ère et fortement remanié après un incendie, vers 20 avant notre ère, ce vaste espace de 100 mètres de côté rassemble des constructions romaines associant à la fois des parties publiques (boutiques, cour à portique) et des parties privées.

Dans l’axe de l’entrée principale, un bâtiment à toiture surélevée par une colonnade évoque une basilique, lieu de rassemblement public, au sein de ce qui est peut-être le plus ancien forum à la romaine en terre gauloise.

Il est conservé sous un grand abri conçu par l’architecte Paul Andreu, lesté de sacs de sable pour compenser l’absence de fondations.

Le couvent franciscain

Installé vers 1400, le couvent a fonctionné pendant 300 ans. Il a accueilli une petite communauté de moines franciscains, tournés vers l’érudition et l’agriculture, comme en témoignent les objets trouvés lors des fouilles et exposés au musée. La présence de ce couvent s’explique probablement par la présence des foires de mai qui rassemblent des foules tout au long de l’époque moderne.

La pierre de la Wivre

Ce rocher est associé dans la mémoire populaire à la Wivre, monstre mi-femme mi-serpent des légendes bourguignonnes. Pour avoir une chance de les apercevoir, elle et son trésor, il faut vous trouver sur place le soir de Noël, entre les douze coups de minuit, ni avant, ni après.

On raconte également que c’est du haut de cette pierre que Vercingétorix a harangué les tribus gauloises pour les inciter à se fédérer contre César, en 52 avant notre ère.

La fouille menée en 2003 révèle que la Pierre doit sa forme à une exploitation de roche du Ier siècle avant notre ère.

La grande domus PC 1

Imaginez vivre dans une maison de 3 600 m². Ce fut le cas pour au moins un des riches propriétaires de Bibracte qui, bizarrement, fit construire cette gigantesque demeure à l’emplacement d’une succession de constructions plus anciennes, juste avant l’abandon de la ville pour Augustodunum (Autun).

Cette maison n’a rien à envier à celles de Pompéi : construite sur le modèle des domus romaines, elle possède atrium, péristyle, décors en mosaïque et peintures murales, bains chauds, bains froids, évacuation des eaux usées et système de chauffage par le sol. Bref, tout le confort moderne !

L’Hôtel des Gaules

Jacques-Gabriel Bulliot, premier fouilleur de Bibracte à la fin du XIXe siècle, avait établi un petit pied-à-terre sur le site. Cette chaumière, reconstruite à l’identique, abrite aujourd’hui une exposition consacrée aux premières explorations du site, au XIXe siècle.

La domus PC 2

Organisée autour d’une cour centrale, cette domus présente un plan typique des maisons aristocratiques romaines. Explorée par Bulliot en 1882, les fouilles ont repris en 2016 dans le cadre du chantier école, afin d’en préciser l’organisation et de comprendre les relations qu’elle entretenait avec les autres bâtiments du secteur

La terrasse monumentale PC 15

PC 15 est un ensemble architectural exceptionnel de 45 m de côté aménagé sur une terrasse artificielle initialement retenue par un mur utilisant la technique du murus gallicus, habituellement réservée aux fortifications. Reconstruit trois fois, il prend d’abord la forme d’une cour entourée de galeries sur poteaux, avant qu’un bâtiment central en bois ne les remplace. Dans le dernier état, la pierre se substitue au bois, comme l’atteste un exceptionnel mur de soutènement rythmé de pilastres en blocs de granit finement taillés.

Il faut sans doute voir ici le premier espace public de Bibracte qui fonctionna jusqu’à l’abandon de la ville.

Il jouxte une seconde terrasse, baptisée PC 14, plus vaste encore, au voisinage d’un quartier de grandes résidences aristocratiques et en contrebas du Theurot de la Roche, un des lieux de culte supposé de l’oppidum.

La fontaine Saint-Pierre

Le mont Beuvray possède un grand nombre de sources. Liée à la plus abondante d’entre elles, la fontaine Saint-Pierre a connu plusieurs aménagements, très différents, de l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle. La reconstitution proposée aujourd’hui à l’issue des fouilles évoque le bassin construit au Ier siècle avant notre ère.

Comme bien d’autres sources, la Fontaine Saint-Pierre a fait l’objet d’un culte populaire qui a perduré. Saviez-vous qu’au XIXe siècle, les nourrices morvandelles venaient y tremper leurs seins afin de s’assurer un lait abondant ?

La chapelle Saint-Martin

Installées à l’emplacement d’un temple gallo-romain, la chapelle et la croix Saint-Martin témoignent de la vocation cultuelle continue du lieu. La chapelle fut bâtie en 1873, à l’issue des fouilles de Jacques-Gabriel Bulliot. C’est à proximité que se tenaient les foires du Beuvray, le premier mercredi de mai, selon une tradition fameuse dans toute la Bourgogne.

De nos jours, des visiteurs déposent encore sur l’autel de la chapelle des petits mots de remerciements votifs ou des vœux pieux.

La Chaume

 

À 809 m d’altitude se dévoile le plus beau point de vue offert par le mont Beuvray, vers le sud-est et la vallée de l’Arroux : par temps clair, on peut y contempler les Alpes et le Mont Blanc !

C’est l’endroit idéal pour se poser dans l’herbe et admirer le paysage pendant de longues minutes.

À proximité, un monument honore la mémoire de Jacques-Gabriel Bulliot, qui « réinventa  » littéralement Bibracte par ses fouilles entre 1867 et 1895.

Les sondages réalisés ces dernières années livrent les témoignages de constructions légères, probablement liées aux grandes foires de mai qui firent la renommée du mont à partir de la fin du Moyen âge.

Le Theurot de la Roche

Éminence rocheuse qui surplombe le secteur du Parc aux Chevaux (PC), ses résidences aristocratiques et ses terrasses monumentales, le Theurot de la roche a livré les vestiges d’un probable lieu de culte de forme carrée, qui a fourni la seule inscription en pierre connue à Bibracte. Dans la pente, des fouilles récentes ont mis en évidence une exploitation de minerais métalliques.

Les Grandes portes

Sur le versant sud-ouest du mont Beuvray, à l’opposé de la Porte du Rebout, les deux remparts construits successivement à la fin du IIe et au Ier siècle avant notre ère se rejoignent et offrent aux archéologues l’opportunité d’étudier deux aménagements différents de portes fortifiées ainsi que des tronçons de remparts jamais perturbés par les fouilles du XIXe siècle. Un nouveau chantier de fouilles s’y intéresse depuis 2019.

La nécropole du Rebout

Mise au jour lors des travaux de terrassement préalables à la construction du musée, au début des années 1990, la nécropole du Rebout est la seule connue à ce jour pour la capitale éduenne. Constituée de petits enclos funéraires, elle documente la pratique majoritaire de l’incinération. Les analyses démontrent la modestie et le jeune âge des défunts.

En surplomb, entre les deux lignes de remparts, une tombe isolée se distingue par sa localisation, par son aménagement et par la nature des offrandes funéraires : céramiques d’importation, denrées méditerranéennes et plaquettes d’os ouvragées rappelant les banquettes romaines confirment le statut privilégié de la défunte.